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 CLAUDE BARZOTTI   23 juillet 1953   -   24 juin 2023   

Je suis Rital… Même ce soir, Claude Barzotti ?

Le 14/06/2016 0

Dans Articles de presse

Je suis Rital... même ce soir, Claude Barzotti ?

Foot

SPORT

Né en Belgique, d’origine italienne et fan de football, l’interprète du célèbre tube des années 1980, Le Rital, va suivre de près le match entre ses deux équipes de cœur, ce lundi soir à 21 h.

« Je suis Rital et je le reste ! Et dans le verbe et dans le geste ! »Vraiment, Claude Barzotti ? Vous, l’auteur de ce refrain tonitruant de l’été 1983 ; vous, le chanteur de charme belge aux « cheveux corbeauitalien jusque dans la peau » ; vous, le fan de football, vous supporterez la Squadra Azzura face à la Belgique, ce soir ?

Pour en avoir le cœur net et avant l’alléchante affiche du jour, rien de plus simple qu’un coup de fil au plus célèbre (avec Salvatore Adamo) des « Ritals » nés en Belgique, il y a 62 ans, à Châtelineau, dans la province du Hainaut. Dilemme assuré. « Oh p…, répond d’emblée le crooner à la voix rauque, qui a écrit pour Dalida et Jane Manson. Écoutez, on va la faire courte : la Belgique m’a tout donné, l’Italie ne m’a rien donné. »

Le rital 45t

En 1983, Claude Barzotti s’était révélé avec son tube « Le Rital ». (Photo : DR)

On en déduit alors que le Plat Pays a les faveurs de son cœur. La terre plutôt que le sang. Pas si évident. « Que le meilleur gagne, se reprend Claude Barzotti, dont le tube traverse les décennies comme Eden Hazard dribble ses adversaires, avec aisance. J’ai déjà dit que j’étais Rital jusque dans la peau, mais il faut qu’ils fassent gaffe, les Italiens. Je ne suis pas sûr qu’ils vont gagner. La Belgique joue bien. Les Belges, actuellement, ont des joueurs extraordinaires. Je pense à De Bruyne. Ils sont forts. »

On l’aura compris. Même s’il aime « les amants de Vérone, les spaghettis, le minestrone et les filles de Napoli », comme il le clame dans sa chanson, Claude Barzotti souhaite ne fâcher personne, à commencer par lui-même. Entre les deux, il en est sûr, son cœur balance. « Rital dans ses colères, dans ses douceurs et ses prières », l’intéressé a aussi un grand amour pour la Belgique et son équipe de choc.

Enzo Scifo est son meilleur ami

Cette indécision s’explique peut-être par les liens d’amitié que Claude Barzotti a noués avec un autre illustre compatriote, lui aussi aux racines italiennes, le Platini du Plat Pays : Enzo Scifo. « Mon plus grand ami, c’est lui, raconte-t-il à propos de l’ancien n° 10 de la Belgique et de l’Inter Milan. On s’est rencontrés en vacances, par hasard ! »

Claude Barzotti s’est lié d’amitié avec Enzo Scifo, le Platini du Plat Pays. (Photos : AFP)

Dans un avion vers Tenerife et les Canaries, plus précisément, au mitan des années 1980. Les deux hommes se sont alors retrouvés dans le même hôtel et, comble du destin, dans des chambres voisines. Ils ont immédiatement sympathisé par la grâce d’un coup de foudre amical, footballistique et musical. « Enzo est un vrai passionné de musique, témoigne Barzotti, figure incontournable des tournées « Âge tendre et Têtes de bois » et « Stars 80 ». Et puis c’est un très bon musicien. Il joue de la batterie, du piano… Il sait tout faire. Tenez, la semaine dernière, on a même fait un bœuf chez lui ! On regarde aussi souvent des matches chez l’un ou chez l’autre. »

Liés par leurs passions, surtout celle de la musique, les deux hommes ont même enregistré une chanson ensemble en 2011 :Nous deux, qui conte leur amitié. Ce lundi soir, c’est le foot qui leur donnera l’occasion de vibrer à l’unisson lors du terrible duel qui va opposer deux des meilleures nations européennes. De se lever, de chanter et de râler au stade ou devant leur télé, au gré des exploits de Hazard et Buffon. Barzotti et Scifo, belges et « ritals » sans conteste, dans le verbe et dans le geste !

 

 

S'il y a bien un artiste belgo-italien qui pouvait nous parler de ce sommet Belgique-Italie, c'est bien Enzo Scifo. Né et élevé à La Louvière au fin fond de la Wallonie, l'ancien Diable rouge passait ses vacances d'été sur sa terre d'origine : la Sicile. Le sélectionneur des Espoirs belges, surnommé « Le petit Pelé du Tivoli » a fait les beaux jours d'Anderlecht avant de porter les couleurs de l'Inter et du Torino. Entretien avec Enzo pour parler foot, identité, caisse et fausse date de naissance.

PROPOS RECUEILLIS PAR JACQUES BESNARD 

Enzo Scifo

Enzo Scifo

J'imagine que Belgique-Italie, c'est un match spécial pour vous ?

Effectivement, c'est particulier car je suis Belgo-Italien, mais je vais être clair tout de suite. Je suis supporter des Belges. 
 

Comment votre famille, originaire de Sicile, est arrivée en Belgique ?

« Ma mère était couturière à Binche dans une usine. Elle se levait à cinq heures du matin. C'était dur. »

Mes grands-parents sont venus ici dans les années 1950. Ils ont bougé comme des milliers d'Italiens pour fuir la misère et y travailler. Très jeune, il fallait trouver du boulot. C'est ce qu'ont fait mes parents d'ailleurs. Mon père a bossé à la mine à 14 ans. Ma mère était couturière à Binche dans une usine. Elle se levait à cinq heures du matin. C'était dur.
 

À 12 ans, vous gagniez presque autant qu'elle...

Oui, je jouais à La Louvière et j'avais déjà pas mal de sollicitations. Du coup, le club m'avait fait un contrat pour que je reste. J'avais un petit salaire, mais qui était correct par rapport à celui d'un ouvrier.
 

Vous les aidiez j'imagine.

Oui, avec mon frère on aidait à faire bouillir la marmite. C'était la moindre des choses après tout ce qu'ils avaient fait pour nous. 
 

Vous avez grandi dans cette culture du travail, de l'effort. Cette enfance vous a aidé pour percer au plus haut niveau ?

Cela a certainement dû jouer. Au-delà des qualités footballistiques que j'avais, cela m'a aidé pour m'accrocher dans les moments durs, mais je n'ai pas non plus l'impression d'avoir fait de gros efforts car j'avais vraiment envie de devenir un joueur professionnel. Tu sais, à 15-16 ans, je ne voyais pas ça comme un effort, tu t'amuses, tu es passionné, tu as de la fougue, c'est normal.
 

 

En junior, vous avez planté plus de 400 pions en 4 ans à La Louvière. Ça vient de là le surnom « Le petit Pelé du Tivoli » ?

Ce n'était pas mon surnom à la base. C'était le titre du premier article que l'on m'avait consacré dans un journal local. Tivoli, c'est le nom d'une ville italienne, mais surtout celui du stade de La Louvière. Être comparé à Pelé, c'était évidemment un honneur pour moi... C'est resté.
 

À l'époque, le club avait trafiqué votre licence pour que vous puissiez signer...

En fait, on avait menti à propos de ma date de naissance.